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Investissement et audace : les clés pour relancer la Tunisie selon le secteur privé
Le vice-président de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat, Hichem Elloumi, a souligné que la situation économique du pays exige des efforts redoublés pour créer un climat propice à l’investissement et améliorer l’environnement dans lequel évoluent les entreprises. Il a insisté sur la nécessité de mobiliser toutes les énergies pour générer de nouvelles opportunités d’emploi, en particulier pour les jeunes diplômés.
Lors de la présentation de la vision du secteur privé sur l’investissement en Tunisie, dans le cadre d’un colloque organisé mercredi par l’Académie parlementaire sur le thème « L’investissement en Tunisie : enjeux et défis », Elloumi a affirmé que la relance de l’investissement passe par des décisions audacieuses, à commencer par la libéralisation de l’investissement et la promotion de l’initiative privée.
Elloumi a mis en avant la nécessité d’une transformation profonde du climat des affaires, en adoptant une politique fiscale qui stimule la croissance, encourage l’investissement et favorise les exportations, tout en prenant soin des différents écosystèmes de production.
Il a souligné l’importance d’adopter les meilleures législations en matière d’investissement, en s’appuyant sur des études comparatives avec les pays concurrents, tout en actualisant ces textes de manière continue pour faire de la Tunisie une destination de choix pour les investisseurs.
Il a également recommandé de réaliser des études régulières sur la compétitivité de la Tunisie par rapport aux pays similaires, en analysant des aspects tels que les infrastructures logistiques, le régime fiscal et la capacité d’attraction des investissements étrangers.
Sur un autre plan, Elloumi a insisté sur l’importance d’encourager les exportations via un plan intégré et de réévaluer certains accords commerciaux jugés déséquilibrés, qui nuisent au tissu économique national. Il a également plaidé pour une stratégie d’internationalisation des entreprises tunisiennes, afin de leur ouvrir de nouveaux marchés tout en valorisant et encadrant les compétences tunisiennes à l’étranger.
Dans cette optique, il a souligné la nécessité de trouver des solutions urgentes pour financer les investissements et les projets, notamment ceux portés par les jeunes et les petites et moyennes entreprises. Il a aussi appelé à une réforme du Code des changes pour le rendre plus flexible et aligné sur les normes internationales, afin de faciliter tant l’attraction des capitaux étrangers que l’expansion des entreprises tunisiennes à l’international.
Le vice-président de l’UTICA a aussi insisté sur la nécessité de lutter contre la contrebande, d’intégrer le secteur informel et de lever les obstacles administratifs qui bloquent certains projets. Il a souligné que l’adoption des nouvelles technologies, l’investissement dans la recherche et l’innovation, ainsi que le développement des industries intelligentes sont des leviers essentiels pour renforcer la compétitivité tunisienne.
Il a également plaidé pour une révision de la loi sur le partenariat public-privé, le renforcement du régime des concessions et une meilleure valorisation des Tunisiens de la diaspora en les encourageant à investir en Tunisie et à promouvoir les produits tunisiens dans leurs pays de résidence.
Elloumi a mis en lumière l’importance de tirer parti de la redirection des investissements à l’échelle mondiale, soulignant que la Tunisie dispose de réels atouts pour attirer des investisseurs cherchant à relocaliser leurs activités vers des destinations plus compétitives.
Selon lui, la relance de l’investissement est la clé pour créer des emplois, stimuler les exportations, générer de la richesse, augmenter le revenu national et assurer la stabilité économique et sociale du pays. Il a insisté sur la capacité de la Tunisie à s’adapter aux évolutions mondiales et à investir dans des secteurs stratégiques comme les énergies renouvelables, les industries de pointe et les domaines liés à la souveraineté nationale, notamment l’alimentaire, la santé et l’énergie.
Finalement et non moins important, Elloumi a souligné l’importance de développer la diplomatie économique en renforçant les relations avec les partenaires traditionnels de la Tunisie, tout en explorant de nouveaux partenariats sur la base d’intérêts mutuels. Il a appelé à accélérer l’intégration économique avec la Libye et l’Algérie, et à finaliser la création de la zone de libre-échange tuniso-libyenne pour dynamiser les échanges et renforcer la position de la Tunisie en tant que hub régional.
Il a conclu en rappelant que la relance de l’investissement est l’unique voie pour assurer un développement durable, améliorer le niveau de vie des Tunisiens et bâtir un avenir prospère pour les générations à venir.